Le fils de Saul: un terrifiant choc esthétique - Chronique Cinema

    
Le fils de Saul: l'enfer des camps

Le fils de Saul n'est pas un film aimable. Suivre durant une heure trente Saul, un déporté membre d'un groupe de prisonniers juifs forcé d’assister les nazis dans leur entreprise systématique d’extermination, se révèle être une expérience particulièrement éprouvante.

Le choix esthétique du réalisateur hongrois László Nemes, dont c'est le premier film, est radical: il nous place littéralement dans l'esprit de Saul. La caméra, aimantée à son corps et à son visage, nous confronte, à hauteur d'homme, à l'innommable barbarie qui suppure de chaque étape de l'organisation industrielle des camps de la Mort. Nous le suivons, à travers le chaos de cet enfer sur terre, dans sa recherche d'une sépulture décente pour un enfant. Le cadre, étouffant, n'offre jamais la moindre perspective et laisse dans le flou et le hors champ les amoncellements de cadavres, la crémation des corps et les exécutions en masse. Ce choix de mise en scène, complété par un impressionnant travail sonore, permet au réalisateur d'éviter l'écueil du voyeurisme tout en suggérant, avec une force inouïe, l'inmontrable.

Le fils de Saul est certes un film douloureux, exigeant et âpre. Mais l'intelligence et la rigueur de sa démarche en font une œuvre rare et remarquable.

 

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