Anomalisa: l'amour est une voix sans issue - Chronique Cinema

    
Anomalisa: pantins amoureux

La vie de Michaël Stone ressemble à l'hôtel international où il doit donner une conférence: un lieu uniforme, sans chaleur ni goût. La dépression le guette dans cet univers désenchanté, sans âme, peuplé d'êtres ayant tous le même visage et la même voix.

Mais, derrière une porte, il entend une voix différente. Et si c'état la voix de l'amour ? Avec Anomalisa, on retrouve Charlie Kaufman dans l'univers poético-dépressif qu'il a scénarisé avec une originalité folle dans Dans la peau de John Malkovich et Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Et visuellement, cet univers est éblouissant. Réalisé en stop motion, l'utilisation de marionnettes apporte une angoissante étrangeté à cet univers réaliste et désenchanté, particulièrement lors d'une longue et troublante scène de sexe. Si le pari visuel est une réussite -l'expressivité des visages des marionnettes lors de leurs réflexions existentielles est absolument incroyable, le propos est, lui, étonnamment sage et convenu.

Une déception d'autant plus agaçante que, l'espace d'une séquence, le film dérape vers cette "autre chose", cette folie introspective qui n'appartient qu'à l'esprit tortueux de Kaufman, et que ce dérapage, bien trop court, était particulièrement jouissif.

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