Festival de Cannes 2019 : Jours 1& 2 - Actu Cinema

    

Mardi 13 mai, aux alentours de 20h, Javier Bardem et Charlotte Gainsbourg déclarent ouvert le 72e Festival International du Film de Cannes. Et oui, les cannois disent le FIF. Cela dit, ce n’est aucunement comparable avec le nôtre, le namurois. C’est Jim Jarmusch, un « abonné » cannois qui a les honneurs d’ouvrir le festival avec son film « The Dead Don’t Die ». Une fois n’est pas coutume – c’était déjà le cas l’an dernier cela dit – le film d’ouverture est également en compétition. Le travail du jury, présidé par le multi oscarisé réalisateur mexicain Alejandro Gonzalez Iñarritu, démarre dès le premier soir !

Le film de Jarmusch parle de zombies et a un casting quatre étoiles composé, entre autres, d’Adam Driver, Bill Murray, Tilda Swinton, Selena Gomez ou encore Tom Waits. Que des habitués de Jarmusch pour la plupart, un délice. On vous parlera plus longuement du film dans une critique complète mais sachez déjà que le film a divisé. C’est une comédie atypique qui a un sous-texte politique et société plutôt fort. Certains diront que Jarmusch devient réac, d’autres apprécieront l’exercice.

Plus tôt dans la journée, j’ai tenté d’entrer à la conférence de presse du jury. Il est donc présidé par Iñarritu mais peut aussi compter sur la présence de réalisateurs parmi les plus excitants du moment comme Yorgos Lanthimos, Robin Campillo ou encore la réalisatrice américaine Kelly Reichardt. La hiérarchie cannoise est cruelle et, avec un badge jaune, c’est quasiment la certitude de ne pas pouvoir entrer dans la salle, chose qui se confirma rapidement après. Premier échec mais, comme c’était le premier jour, il fallait tenter.

Après une courte nuit de repos, place à la première vraie journée de festival. Dès 8h, il faut aller se mettre dans la file du film d’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, « Le Daim », réalisé par l’excellent Quentin Dupieux. Jean Dujardin y incarne un homme un peu perdu dans la vie qui s’achète une veste en daim pour une somme folle. Ensemble, oui oui, la veste et lui, ils vont tenter de réaliser un rêve commun. Ce rêve : faire en sorte que la veste soit le dernier blouson sur terre et que, à fortiori, Georges (le personnage incarné par Dujardin) soit la dernière personne sur terre à en porter une. Bien que ce ne soit pas son meilleur film, Dupieux signe à nouveau une œuvre singulière très réussie qui ravira ses aficionados. Il confirme, si besoin était, qu’il est une personnalité à part et nécessaire du cinéma français.

Pour continuer sur une note française, place ensuite à « Les Misérables ». Rien à voir avec l’œuvre de Victor Hugo, bien que l’auteur soit cité au début du générique de fin, ce premier film de Ladj Ly. Ly avait signé un court-métrage du même titre, sorte de prémisse à ce long. Le succès étant là, il a pu faire l’œuvre dont il rêvait de base. L’histoire prend place dans une banlieue parisienne et montre le rapport de force entre les habitants, dealers et autres caïds du quartier avec la police. C’est montré à travers les yeux d’un nouveau dans l’unité, Stéphane, qui va être confronté à la réalité des lieux et, de par sa spécificité, les méthodes souvent peu orthodoxes de ses collègues policiers. C’est un grand coup que frappe Ladj Ly avec cette proposition sur la vie d’une patrouille en banlieue. A nouveau, je vais tenter de vous en dire plus dans une critique complète, dans la mesure du possible.

Enfin, la journée s’est terminée avec une œuvre très attendue des festivaliers les plus assidus, « Bacurau » de Juliano Dornelles et Kleber Mendonça Filho. Ce dernier avait signé il y a 3 ans le superbe « Aquarius », son second long-métrage, qui avait fortement impressionné la Croisette. Avec « Bacurau », c’est plus difficile de se prononcer tant la proposition est particulière. Cela démarre comme étant le portrait d’un petit village brésilien perdu au milieu de nulle part et puis part dans un pur film de genre car les habitants se font chasser par une équipe d’étrangers. Le résultat est complètement déroutant. Entre brûlot politique, chronique sociale, et effets propres au cinéma de genre « Bacurau » se place comme une œuvre hybride qu’il faut digérer tant elle est riche et singulière. Quoi qu’il en soit, le duo Dornelles/Mendonça Filho confirme les espoirs placés en eux.

 

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