La compétition ausculte notre humanité cruelle - Actu Cinema

 
Et c'est parti ! Déjà deux films de la compétition dévoilés : Sleeping beauty, de l'Australienne Julia Leigh, petite protégée de Jane Campion, et We need to talk about Kevin, de l'Ecossaise Lynne Ramsay, espoir du cinéma britannique. Julia Leigh assomme avec sa volonté d'être à tout prix buñuelienne en relatant la galère quotidienne d'une étudiante qui intègre un étrange réseau de beautés endormies pour se faire du fric. Car elle n'y parvient pas. Si la maîtrise de la forme force le respect - c'est son premier long -, on reste sur sa fin quant au fond. La maladresse est au rendez-vous pour nous amener au cri douloureusement libérateur face à une humanité bien cruelle. Par contre, on est sorti bouleversé et plein de questions après la vision de We need to talk about Kevin. En adaptant le roman de Lionel Shriver, Lynne Ramsay touche à un sujet tabou : celui des femmes qui accouchent sans établir un lien immédiat avec leur enfant. Soignant les cadres, les lumières, les ambiances, elle observe l'évolution terrifiante du fils, les questionnements de la mère sur sa responsabilité et son sentiment de culpabilité, l'épanouissement de la famille et ses incompréhensions jusqu'à l'acte de violence absolu : une tuerie dans un collège. Elephant, de Gus Van Sant, était un film sur un massacre dans une école. We need to talk about Kevin est un film sur la famille et les relations qui s'y forment. Dans Le gamin au vélo comme dans leurs films précédents, les frères Dardenne parlent aussi de la famille, du rapport enfant/parent dans le manque et la substitution. Ils le font cette fois de façon solaire. Lynne Ramsay, elle, a choisi le versant noir des choses. Elle montre comment la violence d'un môme trop gâté peut se retourner contre nous et nous dépasser. Elle en fait la métaphore de la violence du monde qu'on ne veut pas voir. On ne serait pas surpris de retrouver ce film au palmarès. Du moins à travers son actrice principale, la si singulière Tilda Swenton, remarquable dans le rôle de cette mère terrifiée à l'idée d'avoir engendré un môme qui reflète sa propre violence. À ses côtés, un petit jeune qui monte et fera reparler de lui : Ezra Miller, vu dans Afterschool, City Island, Another happy day et dans les séries télé Californication et Royal Pains. Fabienne Bradfer
 

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