Écrit par Phara Somers
Bonjour, je m’appelle Phara Somers. J’ai vingt ans et j’étudie le journalisme à Anvers. Raconter des histoires et les vivre est ce que j’aime le plus faire. La culture sous toutes ses formes, des beaux-arts au cinéma et au théâtre, me passionne énormément. C’est avec cette passion que j’espère vous donner envie de lire mon article, dans lequel je présente La La Land de Damien Chazelle, l’un de mes films préférés. Si cet article éveille votre curiosité, je vous recommande vivement de lire également mon blog consacré aux dernières actualités cinématographiques et aux critiques. Vous trouverez le lien vers le blog sur le compte Instagram « One Movie After Another ».
Attention : cet article contient des spoilers
La La Land raconte l’histoire de Mia (Emma Stone) et Sebastian (Ryan Gosling). Nous les suivons tous les deux dans leur quête de réussite personnelle, mais ce succès se fait au détriment de leur relation. Lorsque je pense aujourd’hui à La La Land, je n’y vois pas tant un film sur une relation qui échoue qu’une histoire de bonheur et de nostalgie. La La Land est bien plus qu’une comédie musicale romantique. C’est un chef-d’œuvre cinématographique doté d’un scénario solide et d’un casting tout aussi remarquable.
La La Land est une comédie musicale. On aime ou on déteste, mais je ne comprendrai jamais la seconde option. Je deviens spontanément joyeuse dès que je les entends chanter, même s’il m’arrive parfois de passer les premières chansons. À partir du moment où ils chantent City of Stars, en revanche, je suis totalement absorbée et je ne veux plus manquer une seule minute. Cette chanson marque pour moi un véritable tournant dans le récit. Avant cela, tout était encore joyeux, coloré et facile. À partir de là, ils commencent à se perdre l’un l’autre ; c’est le dernier moment où, en tant que spectateurs, nous les voyons réellement ensemble.
J’espère que les personnes qui n’aiment pas La La Land, précisément parce que c’est une comédie musicale, accepteront de lâcher prise et de chanter malgré tout le refrain de Another Day of Sun dans leur chambre. J’espère que chaque amateur de films « anti-musical » est en réalité, au fond de lui, un amateur de comédies musicales qui n’est simplement pas encore prêt à l’admettre. Cela voudrait dire qu’il y a encore de l’espoir. J’ai toujours pensé qu’un monde avec des comédies musicales est plus beau qu’un monde sans.
Au-delà de l’émotion, La La Land est aussi un film techniquement très abouti. Il a remporté en 2017 l’Oscar de la meilleure photographie. Même si beaucoup espéraient que cette récompense irait à Arrival ou Moonlight, je trouve le choix de La La Land plus que justifié. La prochaine fois que vous regarderez le film, prêtez attention à l’usage des couleurs et à la composition des plans. L’utilisation spécifique des couleurs ne saute peut-être pas immédiatement aux yeux, mais en observant attentivement, une chose devient vite évidente : tout a une signification. Les couleurs primaires représentent le côté festif, extravagant, la mise en lumière de la vie d’un artiste — en somme, Hollywood. Au début du film, lorsque Mia nous est présentée, ce sont précisément ces couleurs qui dominent. À l’inverse, lorsque nous voyons Sebastian, les couleurs sont beaucoup plus neutres, sombres et sobres. À mon sens, cela reflète le sérieux avec lequel il aborde la vie et poursuit son rêve.
Un bel exemple de la manière dont les couleurs participent à la narration se trouve lors de la pool party. Il y a une scène où Mia et Sebastian se font face : Mia est vêtue de jaune et Sebastian de rouge. Deux couleurs primaires qui n’ont, a priori, rien à voir l’une avec l’autre. Deux personnes différentes, pourtant réunies dans le même cadre. Quelques instants plus tard, ils dansent dans la rue sur un fond violet — la scène iconique de l’affiche. Le violet crée un lien entre eux deux, une couleur issue du mélange.
Le mélange flamboyant des couleurs hollywoodiennes et les teintes sombres et sérieuses laissent place à un ensemble équilibré dans les moments où la relation se porte bien. Lorsque leurs deux mondes se rejoignent, tout est harmonieux : la lumière est juste, la vie aussi. Un dernier exemple, avant que cela ne ressemble trop à une analyse, est le moment où Sebastian manque la représentation de Mia à cause d’un shooting photo. Lors de cette séance, c’est lui qui est entouré de lumières vives et de couleurs primaires, tandis que Mia baigne dans l’obscurité. Les rôles sont inversés. Libre à vous de me croire ou non — ce n’est qu’une théorie.
La fin de La La Land est, pour moi, un élément essentiel qui fait de ce film l’un de mes préférés. Lorsque Mia entre dans le club de jazz et comprend où elle se trouve et ce qui va se passer, je ne peux m’empêcher de penser que tout cela était écrit par le destin. Bien sûr, c’est le scénariste qui en est à l’origine, mais admettre cela briserait un peu la magie. La fin est si silencieuse, si sombre, et pour cette raison si intense. Elle est à la fois apaisante et parfaite. Aucun bruit en arrière-plan, seulement la musique. La fin telle qu’elle est est parfaite.
La La Land est bien plus qu’une comédie musicale. C’est une histoire profondément émouvante qui me touche à chaque visionnage. C’est l’un de mes films préférés et je ne saurais trop vous le recommander.