Un tribunal iranien va tenir une audience mercredi dans une affaire concernant le cinéaste dissident Jafar Panahi, revenu dans son pays fin mars, ont rapporté lundi plusieurs médias en Iran.
Le réalisateur avait été condamné par contumace en décembre à un an de prison pour "activités de propagande" contre l'Etat, quelques mois après avoir remporté la Palme d'or au festival de Cannes pour "Un simple accident".
Selon l'agence Isna, l'audience de mercredi a été programmée après que les avocats de M. Panahi ont fait appel de cette condamnation. Outre la prison, il s'était vu imposer en décembre une interdiction de quitter le territoire pendant deux ans.
Selon Isna, le cinéaste de 65 ans est revenu dans le pays le 30 mars, en pleine guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique.
Il s'agit de la première confirmation par des médias iraniens du retour en Iran du metteur en scène, qui s'était élevé en janvier contre la répression des manifestations antigouvernementales dans son pays.
Selon Isna, son dossier sera examiné par un tribunal révolutionnaire de Téhéran présidé par le juge Iman Afshari. Ce magistrat est connu pour avoir lourdement condamné des dissidents et fait l'objet de sanctions de l'Union européenne.
L'audience est programmée en plein festival de Cannes, un an après que M. Panahi y a décroché la récompense suprême. Le réalisateur était rentré en Iran après la manifestation, et était ensuite reparti à l'étranger pour faire la promotion de son film.
Mais il avait dit vouloir rentrer à terme dans son pays. "Bien qu'on m'en ait donné l'opportunité, y compris lors des années les plus difficiles, je n'ai jamais envisagé de quitter mon pays pour être un réfugié", avait affirmé M. Panahi, cité en décembre par le journal américain Variety.
(Belga / GAM)