Avec L’affaire Bojarski, le cinéma français s’empare d’une histoire vraie aussi méconnue que stupéfiante. À la croisée du film d’époque, du thriller et du portrait d’artiste, ce nouveau long métrage promet une plongée captivante dans le parcours d’un homme qui a défié l’État avec du papier, de l’encre et du génie.
Le retour très attendu de Jean-Paul Salomé
Réalisé par Jean-Paul Salomé, à qui l’on doit La Syndicaliste, Les Femmes de l’ombre, Le Petit Lieutenant ou encore Arsène Lupin, L’affaire Bojarski marque une étape singulière dans sa filmographie. À 64 ans, le cinéaste signe un biopic élégant et obsessionnel, porté par une mise en scène précise et une fascination assumée pour les destins hors normes.
Une histoire vraie digne d’un roman
Au cœur du film : Jan Bojarski, réfugié polonais devenu l’un des plus grands faussaires du XXe siècle. Surnommé le « Cézanne de la contrefaçon », il a, pendant près de quinze ans, tenu tête à la Banque de France tout en échappant à la traque du commissaire Mattei. Une lutte silencieuse, presque artistique, entre un créateur clandestin et l’institution.
Un film d’époque ancré dans le réel
Peu documenté officiellement, Bojarski renaît ici grâce à un travail de recherche exceptionnel. Le scénario, écrit par Bastien Daret, s’appuie sur des archives médiatiques, des documentaires et surtout sur l’enquête approfondie du journaliste suisse Jacques Briod. La Banque de France et la Police ont ouvert leurs archives, reconnaissant aujourd’hui Bojarski comme le plus grand faussaire de son époque.
Le portrait d’un artiste avant celui d’un criminel
Ce qui rend L’affaire Bojarski si attendu, c’est son regard. Le film ne se contente pas de raconter un crime : il dresse le portrait d’un créateur obsessionnel. Bojarski concevait ses propres machines, fabriquait son papier, son encre, ses billets, avec une précision artisanale vertigineuse. Son atelier, recréé à partir de plans et de photos authentiques, devient le cœur battant du film.
Reda Kateb, une évidence
Le rôle principal a été écrit pour Reda Kateb, choix immédiatement validé par Jean-Paul Salomé. Habité, intense, profondément humain, l’acteur donne à Bojarski une complexité rare. Face à lui, Bastien Bouillon incarne le commissaire Mattei, dans un duel feutré mais implacable. Le casting est complété par Pierre Lottin et Sarah Giraudeau, qui enrichissent cette reconstitution historique.
Pourquoi il faudra voir L’affaire Bojarski
Parce que ce film raconte une autre forme de crime, où la création devient résistance. Parce qu’il interroge la frontière entre art et illégalité. Et parce qu’il met en lumière un personnage réel, aussi secret que fascinant, à travers un cinéma exigeant et profondément humain.