The Dead Don't Die - Chronique Cinema

    
Chronique
The Dead Don't Die

Le retour de Jim Jarmusch était annoncé en ouverture du 72e Festival International du Film de Cannes. Le réalisateur américain avait les honneurs d’ouvrir cette édition mais aussi de faire partie de la compétition. Il s’intéresse ici à un classique du cinéma de genre : le film de zombies. Ce choix de film pour démarrer le plus grand festival de cinéma du monde est plutôt curieux mais il faut plutôt applaudir cette mise en avant du cinéma de genre, le plus populaire au monde.

Le film parle d’une petite ville paisible perdue au milieu de l’Ohio. Un étrange phénomène de Terre qui est sortie de son axe de rotation crée des perturbations, notamment au niveau de la durée de la luminosité chaque jour. A cause de ces perturbations, les morts sont réveillés. Le shériff et ses assistants vont donc devoir gérer une situation complètement nouvelle et inédite.

Comme c’est un peu la mode en ce moment, ce film est un prétexte pour se moquer de l’Amérique de Trump. Que ce soit au travers d’un slogan sur la casquette d’un fermier, « Make America White Again », ou via des répliques, Jarmusch prend plaisir à poser un regard critique sur les dérives présentes actuellement dans son pays. C’est intelligent et surtout très drôle. Car oui, avant toute chose, THE DEAD DON’T DIE est une comédie de genre. Jarmusch se sert du prisme de l’humour pour véhiculer plusieurs messages tout à fait sérieux, qui font que beaucoup traiteront le réalisateur de PATERSON de réac.

Outre la politique, Jarmusch profite de son film pour aborder la société actuelle. Les zombies, une fois « réveillés », se mettent à faire ce qu’ils aimaient particulièrement faire de leur vivant. C’est boire du café pour certains, jouer au base-ball pour d’autres tandis que pour de nombreuses personnes, c’est déambuler leur smartphone en main. Réac ? Peut-être mais pas moins vrai pour autant.

 

Pour ce faire, Jarmusch a réuni ses plus fidèles collaborateurs et plusieurs petits nouveaux. Cela fait un casting des plus impressionnants, jugez plutôt : Bil Murray, Tilda Swinton, Adam Driver, Chloé Sevigny, Steve Buscemi, Donald Glover, Tom Waits, Caleb Landry Jones et Selena Gomez ! Ces succulents comédiens sont parfaits dans leurs rôles respectifs, du flic désabusé au fermier raciste en passant par la croque-mort étrange.

Au final, certains spectateurs seront tantôt déçus, tantôt déroutés par cette nouvelle proposition de Jarmusch mais, il s’agit indéniablement d’une œuvre riche, avec des sous-textes plus intelligents qu’il n’y paraît et beaucoup d’humour. On en redemande.

 

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