Certains films ne s’annoncent pas bruyamment, mais se frayent un chemin jusqu’au cœur en murmurant. Blue Moon est de ceux-là. Le 14 janvier sort ce nouveau film de Richard Linklater, et tout indique qu’il s’agira de l’une des sorties les plus discrètes, mais aussi les plus envoûtantes de la saison.
Le film se déroule au cours d’une seule nuit, en 1943, lors de la soirée de première de la comédie musicale légendaire Oklahoma!. Alors que le monde célèbre un nouveau succès, Linklater s’attache à la figure brillante mais tourmentée du parolier Lorenz Hart, magistralement interprété par Ethan Hawke. Hart est confronté à son passé, à ses amours perdues et au succès de son ancien partenaire créatif. Il en résulte un portrait profondément humain d’un homme pris au piège entre talent et doute de soi.
Ce qui rend Blue Moon si particulier, c’est la radicale simplicité de son approche. Tourné en à peine quinze jours, le film repose entièrement sur le dialogue, le rythme et le jeu des acteurs. Chaque silence compte, chaque regard en dit plus que mille mots. L’ensemble évoque une pièce de théâtre intime portée à l’écran, où le spectateur se retrouve presque inconfortablement proche des émotions.
Aux côtés d’Ethan Hawke, une distribution remarquable — Margaret Qualley, Andrew Scott et Bobby Cannavale — élève le film grâce à des interprétations nuancées et habitées. Ensemble, ils créent une atmosphère mélancolique, musicale et historique qui résonne longtemps après la projection.
Blue Moon n’est pas un biopic classique, mais une rencontre sensible entre biographie, drame, musique et histoire. C’est un film destiné à celles et ceux qui aiment les dialogues ciselés, les personnages forts et un cinéma qui ose ralentir. C’est précisément pour cela que nous attendons avec impatience le 14 janvier : certains récits méritent d’être découverts dans le silence.