À propos de Meriem
Je m’appelle Mariem Chatar et j’étudie le journalisme à l’AP Hogeschool à Anvers. En parallèle de mes études, je travaille dans le secteur du livre et de la culture, où mon amour pour les histoires, l’art et les médias grandit chaque jour. Je suis quelqu’un qui aime observer, écrire et rassembler les gens à travers les mots et les images.
Ma passion pour le cinéma a commencé très jeune — j’ai toujours été fascinée par la manière dont une histoire à l’écran peut provoquer des émotions et refléter des vies. Pour moi, le cinéma n’est pas seulement un divertissement : c’est une forme d’art, d’histoire et de communication à la fois. À l’avenir, j’aimerais approfondir le storytelling, le journalisme culturel et les médias visuels. Je rêve de raconter des histoires qui touchent les gens et les font réfléchir — que ce soit par le texte, l’image ou le son.
À propos de Monsieur Aznavour
Lorsque j’ai vu Monsieur Aznavour pour la première fois, je ne regardais pas simplement l’histoire d’un homme devenu une légende. Je voyais une histoire sur le sentiment d’appartenance, la persévérance et le courage de rester soi-même et de croire en ce que l’on est, même lorsque le monde refuse de le voir.
Le film suit la vie de Charles Aznavour, de ses débuts modestes à son ascension comme l’un des plus grands icônes musicales de France. Mais pour moi, c’était plus qu’une biographie. C’était un miroir. Je me suis reconnue dans les mêmes doutes que chaque personne créative et passionnée connaît : la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être assez bon, de ne pas être entendu dans un monde qui n’écoute pas toujours.
Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont il a transformé ses incertitudes et ses différences en sa plus grande force. Né fils d’immigrants arméniens, Aznavour n’avait ni le physique ni la voix correspondant à « l’idéal » de la chanson française de l’époque. Pourtant, il est resté fidèle à lui-même. Au lieu de se changer, il a embrassé ses imperfections et les a fait briller. Le voir persévérer après chaque refus m’a rappelé le long processus d’apprentissage lorsqu’on découvre de nouvelles choses, construit une carrière ou apprend simplement à faire confiance à son propre rythme en tant qu’étudiant, créateur et être humain.
Il y a une scène où le jeune Aznavour se produit devant un petit public, nerveux mais déterminé. Sa voix se brise un instant, ses nerfs sont visibles mais émouvants, et pourtant il ne cesse pas de chanter. Ce moment est resté gravé dans ma mémoire. Il m’a rappelé toutes les fois où j’ai douté de mon propre chemin, dans mes études, mon travail d’écriture ou mes choix de carrière. Ce moment m’a montré que le courage signifie parfois simplement se montrer et faire de son mieux, même quand personne ne semble écouter.
La musique dans le film m’a semblé être une autre forme de narration. Des chansons comme La Bohème et Hier Encore ont soudain pris une signification plus profonde quand j’ai compris les émotions et les souvenirs qui les accompagnaient. Ce n’étaient pas de simples mélodies. C’étaient des fragments de sa vie, tissés ensemble pour nous donner un aperçu de sa lutte et de son âme. J’ai alors compris que chaque œuvre créative que nous réalisons — qu’il s’agisse d’un article, d’un design ou d’une chanson — porte ce même fil invisible : notre vie qui y est tissée.
L’interprétation de Tahar Rahim était discrète mais puissante. Jamais excessive, simplement sincère. Son jeu m’a rappelé que la force n’a pas toujours besoin d’être bruyante ; parfois elle murmure. Elle vit dans les pauses, dans les silences, dans les regards qui en disent plus que les mots. Son engagement dans le rôle était également impressionnant. Il a passé des jours à se documenter, à visionner d’innombrables interviews de Charles Aznavour, s’immergeant totalement dans chaque détail. Pour moi, cela a prouvé ce que le véritable engagement et la motivation intérieure peuvent accomplir et à quel point ils peuvent transformer quelqu’un.
Vers la fin du film, je me sentais à la fois nostalgique et inspirée. Nostalgique, parce que ses chansons me rappelaient la musique de ma famille, intemporelle, tendre et pleine de désir. Inspirée, parce que son histoire prouve que l’art peut dépasser la douleur, que l’on peut transformer chaque « non » en chanson et chaque revers en vers.
Lorsque le générique a commencé, je suis restée assise un moment, réfléchissant à la façon dont les histoires — qu’elles soient racontées par le cinéma, la musique ou le journalisme — nous relient les uns aux autres. La vie d’Aznavour m’a rappelé que le succès ne se mesure pas à la renommée ou à la perfection, mais à l’authenticité et à la persévérance. Il s’agit d’utiliser sa voix, aussi petite ou imparfaite soit-elle, pour toucher le cœur de quelqu’un d’autre.
C’est pourquoi ce film compte tant pour moi. Il m’a rappelé pourquoi je veux raconter des histoires et écrire des articles : pour donner forme à l’émotion, donner une voix aux gens et, peut-être, dans ce processus, trouver la mienne.
Écrit par Meriem Chatar