Dans le documentaire « Timestamp », la scénariste et réalisatrice ukrainienne Kateryna Gornostai se concentre sur la vie telle qu'elle est dans les écoles depuis l'invasion russe de son pays. Elle ne s'intéresse pas aux interviews approfondies, mais montre toutes les émotions que vivent les enfants, les enseignants et les parents en temps de guerre. Il en résulte des images émouvantes, tournées en mode « fly-on-the-wall ».
Il y a seulement deux ans, le film ukrainien « 20 Days in Mariupol » de Mstyslav Chernov remportait l'Oscar du meilleur documentaire. Avec son portrait impitoyable des effets dévastateurs de l'invasion russe sur les citoyens ordinaires, le journaliste de l'agence de presse Associated Press a traumatisé le monde entier.
« Timestamp » adopte un ton plus calme et montre la vie quotidienne dans les écoles ukrainiennes, alors que parfois, à moins de vingt kilomètres de là, on entend le bruit des obus de mortier. Derrière cette apparente normalité se cache une peur constante des attaques aériennes et de la vie des pères au front. Une école détruite témoigne de la brutalité et rappelle des temps plus simples, tandis que le brouhaha des enfants reste le même partout et à tout moment.
Quoi qu'il en soit, les enfants ukrainiens peuvent s'estimer heureux de pouvoir aller à l'école même en temps de guerre, car comme le montre « Timestamp », cela est loin d'être évident. Ce documentaire ne cherche pas à démêler les tenants et aboutissants de la guerre ni à mener des entretiens approfondis avec des pédagogues. Il s'agit d'une observation silencieuse de la vie telle qu'elle est, un peu trop longue pour son propre bien, mais néanmoins très importante.
Regarder vers l'avenir
Entre-temps, le nationalisme fleurit dans les écoles : les couleurs du drapeau ukrainien reviennent sur les murs de l'école, sur les chaussettes, les ballons, les fleurs, les rubans attachés à une cloche et dans les cheveux des filles vêtues de costumes traditionnels. L'Ukraine, répètent les enseignants, est « glorieuse » et les plus petits répètent ces mots avec enthousiasme. Cela les aide à croire que le pays est indestructible.
Les chants anti-guerre résonnent encore plus fort et les moments de silence national sont encore plus marquants. « Qu'est-ce qui est le plus précieux ? » demandent les enseignants. Les plus petits répondent : « La vie ! »
Alors que la menace de guerre attise la colère et la peur, l'attention portée aux enfants et aux enseignants agit comme un antidote plein d'espoir. Après les cours, les adolescents réalisent des vidéos TikTok sur la plage. Les élèves de dernière année apprennent à danser. Comme le dit le vétéran dans son discours : la vie continue.