Ce mercredi sort le film "Hôtel Normandy" dans lequel Héléna Noguerra interprète le personnage principal. Premier grand rôle pour cette actrice aux multiples facettes...
Qu'est ce qui vous a séduit dans le scénario de "Hôtel Normandy" ?
J'aimais bien Eric Elmosnino et Ary Abitan, donc je me suis dit que c'était déjà pas mal. Souvent, le casting joue beaucoup dans la décision. On a des a priori positifs ou négatifs. C'est la première fois qu'on me proposait un premier rôle au cinéma. En lisant le scénario, je trouvais ça frais. Ça me rappelait un certain cinéma des années 50-60. Il y avait un côté classique, à l'ancienne. Et en même temps, comme le casting était plutôt moderne, je me disais que ça serait plaisant.
Aviez-vous déjà rencontré Eric Elmosnino et Ary Abittan ?
Non, je ne les avais jamais vus. Eric avait cette réputation qui le précédait de grand homme de théâtre, de grand acteur. En plus, il avait été bluffant en jouant Gainsbourg. Et Ary je le trouvais très drôle. J'avais vu ses sketchs et je le trouvais vraiment assez fou, un peu hystérique, très singulier. J'ai toujours adoré Frédérique Bel. J'aime sa fantaisie, elle n'est pas normale mais j'aime bien ça. Et Anne Girouard, elle jouait dans Kaamelott et j'adorais. On la reconnaît à peine. Elle a aussi une sacré fantaisie.
Comment s'est passé le tournage ?
Charles Nemes (le réalisateur) nous laissait inventer, proposer des choses, couper des phrases, les réinterpréter, proposer d'autres manières de les dire. Il était très aimant, très curieux de nous, très client. On l'amusait beaucoup. Ou parfois on l'énervait. Parce qu'on était comme des enfants. Parfois il faut savoir dire "stop, vous m'énervez, arrêtez de faire comme ça". Mais il avait beaucoup d'amour.
Avez-vous apprécié de tourner dans un lieu aussi prestigieux que l'Hôtel Normandy ?
C'est super ! On a passé deux mois dedans. Eric, Ary et moi on en bougeait pas. Le soir, au lieu d'aller manger dehors avec l'équipe, on restait là à manger des olives et à boire du champagne parce qu'on ne voulait plus sortir. Parfois on sortait un peu à Trouville pour manger des crevettes mais sinon on allait juste au Monoprix pour acheter des chaussettes pour l'un ou pour l'autre. J'y suis retournée pour le festival du film américain et on y retourne bientôt pour l'avant-première du film dans l'Hôtel Normandy avec tous les journalistes.
Quelles sont vos ressemblances et différences avec votre personnage ?
Je ne suis pas du tout comme elle. Elle a mon corps, ma voix, mon énergie, mon sourire, mais après, je n'ai pas du tout le même rapport au monde, à l'amour, aux hommes. Au début, elle est indépendante, les hommes ne lui manquent pas. Mais après, elle retombe amoureuse et ça la perturbe. D'un seul coup, elle éprouve quelque chose pour quelqu'un et elle y tient à partir du moment où elle se dit que quelque chose est possible. C'est pour ça qu'elle redevient une enfant et qu'il y a un côté très gamin. Elle redevient une enfant qui croit que ça va durer pour toujours.
La comédie romantique est un genre qui semble vous aller comme un gant. Souhaitez vous explorer d'autres styles ?
Je n'ai aucune frustration. Je suis bien là, je suis bien ailleurs. Je fais d'autres choses qui sont moins visibles. J'ai fait un thriller qui va sortir avec JoeyStarr et Depardieu, où je suis de nouveau un troisième couteau. Mais c'est sérieux, je fais des cascades, je suis une flic, je ne rigole pas du tout, je ne suis pas du tout romantique. J'ai joué une députée verte avec Peter Coyote où je fais une enquête et je ne rigole pas. Je ne suis pas maquillée, on dirait Cécile Duflot. Je fais aussi des choses plus sérieuses au théâtre. Je n'ai pas de frustration parce que j'ai une vie invisible et elle me convient. Mais j'adore les comédies. Alors si je suis frustrée, ce serait parce que je veux faire un rôle plus comique.
Vous avez fait de la chanson, du mannequinat, de la télévision, du théâtre, du cinéma ? Dans lequel de ces domaines avez-vous le sentiment de vous épanouir le plus ?
J'aime tout ça, j'aime la diversité, j'aime cette impression d'être débutante, de ne pas être spécialiste, de n'être installée nulle part, d'être dans la marge, d'être toujours curieuse, d'avoir peur, d'avoir plein de choses à vivre. C'est tout ça qui me plait dans la variété, c'est de vivre plusieurs vies en une. Puisqu'on n'a qu'une vie, autant qu'elle soit multiple. Je ne sais jamais dire ce que je suis. Je dis "saltimbanque". Mais ça donne une notion moins bourgeoise que ma position. Ou "griot", c'est les témoins d'un temps. Je raconte des histoires. Je me sers de supports différents qui sont des communautés différentes dans lesquelles je me glisse tel un espion. Mais finalement, tous ces gens racontent une époque. C'est ça qui m'intéresse. C'est d'essayer, par tous les supports, de raconter : qu'est ce que l'autre, la vie, l'amour, la mort, l'altérité, vieillir, la maternité. Se questionner et se demander "qu'est ce que c'est que ce bordel ?".
Quel est le personnage que vous rêveriez d'incarner ?
Mary Poppins. Mais je vieillis donc c'est fini. En vrai, Mary Poppins c'est une jeune femme, une jeune nounou de 30 ans maximum. Ils vont le monter en comédie musicale au Théâtre Mogador à Paris et j'ai passé les premiers castings, mais comme je sors mon album en août, je n'ai pas fait la suite. J'adore ce personnage. Je me suis vraiment identifiée. C'est la fantaisie, la liberté mais en même temps dans un cadre assez rigide. On peut rigoler mais on ne déconne pas. Et ça, j'aime bien. Mais je rêve aussi de faire des trucs comiques comme la Panthère rose, le Grand Blond à la chaussure noire, des films souvent portés par des hommes. Je ne rêve pas du rôle féminin dramatique mais plutôt d'un rôle qu'on donne souvent aux hommes. Un rôle comique et maladroit.
Quels sont vos projets ?
Mon album va sortir le 26 août chez Naïve. Ca c'est dans la boîte. Et d'ici là, je vais sans doute tourner un ou deux films qui sont en préparation. Le cinéma pour le moment va très mal, c'est la crise partout !
Emilie Maucq
Avis
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