L'acteur et réalisateur George Clooney ouvre mercredi la 68e Mostra de Venise avec "les marches du pouvoir" (The Ides of March), un grand thriller politique au casting exceptionnel.
Présenté en première mondiale à la presse spécialisée dans la matinée, il sera projeté à l'ouverture officielle de la 68e Mostra dans la grande salle à 19H00 (17H00 GMT).
La star américaine est arrivée dès mardi à Venise sous un soleil radieux et doit donner une conférence de presse en début d'après-midi.
Outre "George le magnifique" ("gorgeous George"), le Lido, station balnéaire de la célèbre lagune où se déroule le festival, attend de nombreuses stars cette année dont Madonna, attendue jeudi pour présenter son film "W.E".
"Les marches du pouvoir", quatrième long métrage de George Clooney qui interprète lui-même l'un des protagonistes, le gouverneur démocrate Mike Morris, candidat aux primaires de l'élection présidentielle, n'est ni un film sur la politique, ni une intrigue policière sur fond de politique.
Plutôt une histoire d'hommes portés au pouvoir et détruits presque simultanément par ce même pouvoir en raison de ce qu'ils sont : des êtres humains avec leurs forces, leurs croyances, leurs démons et leurs failles.
Le film, qui fait immanquablement penser à des scandales politiques passés et plus récents, est centré sur Stephen Meyers (Ryan Gosling), jeune mais très expérimenté conseiller de campagne du gouverneur Morris.
Idéaliste et décidé à faire honnêtement gagner celui qu'il considère sincèrement comme le meilleur candidat, il est supervisé par le directeur de campagne de Morris, Paul Zara (Philip Seymour Hoffman) pour qui compte avant tout la loyauté. Meyers va pourtant être manipulé par le camp adverse en la personne de Tom Duffy (Paul Giamatti), et entraîné malgré lui dans les jeux de pouvoir, une partie d'échecs où les enjeux sont considérables et les stratégies machiavéliques.
Il y a toujours un prix à payer et le film dissèque cette réalité avec finesse tout comme il met au jour les mécanismes psychologiques qui poussent les personnages à agir, en offrant un regard sans concession sur la société américaine en général.
Porté par un casting brillant où Marisa Tomei interprète une journaliste du New York Times aussi redoutable dans sa chasse au scoop que les candidats à l'élection eux-mêmes, le film maintient une forte tension psychologique jusqu'à la dernière minute.
Son origine remonte à l'été 2004 et à une pièce de théâtre "Farragut North" (2004) de Beau Willimon, un jeune acteur qui avait travaillé pour l'équipe de Howard Dean pour les primaires des présidentielles en Iowa.
Clooney a fait appel à Beau Willimon et à Grant Heslov pour co-écrire les dialogues, ciselés et forts, comme les personnages qui les portent et qui donnent au film une accélération identique à la tension qui y règne.
La star américaine avait envisagé de le tourner en 2008 mais dans l'enthousiasme de l'élection de Barack Obama - dont il est un fervent supporteur - à la présidence des Etats-Unis, il a jugé que "ce n'était pas le bon moment pour un film aussi cynique".
Avant "Les marches du pouvoir", George Clooney avait réalisé "Confessions d'un homme dangereux" (2002), "Good night and good luck" (2005) et "Jeux de dupes" (2008). (Belga / PVO)