Quand quelque chose est trop beau pour être vrai, c’est généralement le cas — une sagesse que ta banque ne partage qu’une fois que les hackers sont déjà passés à la caisse…
Bref, le film Dreams s’ouvre sur un camion à l’arrêt, rempli de migrants entassés, espérant une vie meilleure aux États-Unis. Parmi eux se trouve Fernando, un jeune danseur de ballet mexicain, dont l’espoir d’un avenir meilleur à San Francisco est étroitement lié aux promesses séduisantes de Jennifer McCarthy, une philanthrope américaine ambitieuse. Vous me voyez venir : ce rêve sera rapidement réduit en miettes.
Pouvoir, migration et Mexique — trois « M » qui reviennent régulièrement dans l’œuvre de Franco. Il dépeint l’étrangeté de manière si banale qu’en tant que spectateur, on peine à distinguer le bien du mal. Franco frôle une limite qui pousse le public à douter de son propre jugement. C’est une lutte intérieure constante entre : « Ils veulent juste le meilleur l’un pour l’autre ! » et « Putain, c’est vraiment atroce et impardonnable ! »
Soyons honnêtes : Fernando et Jennifer sont tout sauf des amoureux transis façon sweetheart de lycée. La chimie entre Isaac Hernández et Jessica Chastain est pratiquement inexistante. On dirait plutôt une belle-mère malveillante avec son toyboy beaucoup plus jeune, qui, lorsqu’elle menace de le perdre, sort la carte bien connue : « If I can’t have you, no one can ! » Lorsque l’acte impardonnable de Jennifer fait s’effondrer toute illusion d’amour, le sexe devient la dernière forme de pouvoir qu’il reste à Fernando — et il l’exerce de la manière la plus monstrueuse qui soit. Dit comme ça, ça ressemble furieusement à un mélange de Fifty Shades of Grey, The Housemaid et Babygirl, non ?
Le film pousse à réfléchir sur la manière dont nous interagissons en tant qu’êtres humains et sur les conséquences que cela peut engendrer. Toutefois, pour ceux qui considèrent le cinéma comme un porte-voix des manquements sociétaux, cela ressemble à une occasion manquée de dénoncer la brutalité et l’inhumanité de la politique migratoire américaine. À certains moments, le film donne davantage l’impression de glorifier et d’idéaliser une telle relation de pouvoir que d’en condamner la cruauté.
Mention spéciale toutefois au département costumes : Jennifer était incroyable !
Dreams est actuellement à l’affiche.
Écrit par Eva Speurt