Si tu me demandes de te raconter l’intrigue du nouveau film El Jockey, je ne suis pas sûr à 100 % de pouvoir réellement te donner une réponse claire. Ce que je peux te dire en revanche, c’est que le style du film continuera à résonner pendant des heures après la projection. Et c’est précisément là que se trouve le véritable charme de ce long-métrage argentin surréaliste et complètement absurde.
Je pense que nous avons trouvé l’équivalent argentin de Wes Anderson ou de Yorgos Lanthimos, car El Jockey, qui est déjà le cinquième film du réalisateur Luis Ortega, est totalement déjanté de la manière la plus sèche qui soit. Même si chaque plan n’est pas parfaitement symétrique – bien que la symétrie typique d’Anderson soit clairement présente – et si l’intrigue est peut-être un peu moins dérangée que celle des films habituels du réalisateur grec Lanthimos – El Jockey peut néanmoins largement rivaliser avec eux –, il est évident qu’Ortega s’est inspiré de ces deux icônes du surréalisme. Le film d’Ortega a été présenté pour la première fois en août 2024 au Festival du film de Venise, où il a été très solidement accueilli. Ortega y a d’ailleurs lui-même admis qu’il ne pouvait pas vraiment dire de quoi parle son film. El Jockey est désormais également à l’affiche chez nous et, si tu en as un peu assez des blockbusters prévisibles et que tu cherches une forme de cinéma plus artistique, El Jockey vaut clairement le détour.
Dans El Jockey, Nahuel Pérez Biscayart – qui a déjà collaboré avec Luis Ortega, mais qui est surtout connu pour son rôle dans le film français BPM (2017) – incarne le célèbre Remo Manfredini, un jockey aux prises avec des problèmes de dépendance. Lui et sa petite amie enceinte, Abril, font courir les chevaux du gangster tristement célèbre Sirena. Abril est interprétée par Úrsula Corberó, principalement connue du grand public pour son rôle dans la série Netflix au succès phénoménal La Casa de Papel. Elle parvient ici à donner de l’ancrage au personnage complètement déjanté de Pérez Biscayart et à servir de contrepoint plus apaisé à ses péripéties sèches et absurdes. Dans la seconde moitié du film, l’intrigue devient très lâche et il vaut mieux simplement se laisser emporter par le voyage. À ce stade, il ne faut plus trop se demander ce que l’on est en train de regarder, mais plutôt profiter des images complètement folles de cette comédie noire absurde teintée de thriller.
El Jockey est actuellement à l’affiche dans les salles de cinéma belges. Consulte ici la programmation du film !