Avec Steal, Prime Video propose une série de braquage qui prend rapidement le contre-pied du genre. Loin de l’élégance glamour des casses millimétrés, la série s’installe dans une tension brute, presque suffocante. Dès les premières minutes, le spectateur est plongé dans un quotidien banal qui bascule violemment, rappelant que le danger surgit souvent là où on ne l’attend pas. Steal ne cherche pas à impressionner par des effets spectaculaires, mais par une montée progressive de la peur et de l’urgence.
Des personnages ordinaires face à l’extrême
La grande force de la série réside dans son point de vue. Ici, les héros ne sont ni des criminels chevronnés ni des génies du crime, mais des employés ordinaires, pris en otage par une situation qui les dépasse. Le personnage central, Zara, devient le cœur émotionnel du récit. Son évolution, entre sidération, résistance et choix impossibles, donne à la série une dimension humaine forte. Le scénario joue habilement avec la question morale : jusqu’où peut-on aller pour survivre, et à quel moment devient-on complice ?
Un thriller qui prend son temps
Steal adopte un rythme maîtrisé, parfois lent, mais toujours tendu. Chaque épisode ajoute une couche supplémentaire au puzzle, alternant entre le déroulement du braquage et les conséquences psychologiques qu’il engendre. La série préfère la pression psychologique aux explosions faciles, laissant planer une menace constante. Cette approche pourra dérouter les amateurs d’action pure, mais séduira ceux qui apprécient les thrillers plus cérébraux, où le danger se ressent plus qu’il ne se voit.
Une réflexion sociale en filigrane
Derrière son intrigue criminelle, Steal s’attaque à des thèmes très actuels : la fragilité financière, la confiance aveugle dans les institutions et la manière dont des systèmes abstraits peuvent broyer des individus bien réels. Le choix d’un braquage visant des fonds de pension n’est pas anodin et confère à la série une portée politique discrète mais efficace. Sans jamais être moralisatrice, elle interroge le spectateur sur les véritables victimes de ce type de crimes.
Une entrée solide dans l’année sérielle
Disponible dès le 21 janvier en Belgique sur Prime Video, Steal s’impose comme une proposition sérieuse et immersive. Portée par une atmosphère tendue et des performances convaincantes, la série ne révolutionne pas le genre, mais le renouvelle par son regard plus humain et anxiogène. Une chronique du chaos ordinaire, où chaque décision peut tout faire basculer, et qui mérite clairement l’attention des amateurs de thrillers réalistes.
"Steal", le 21 janvier sur Prime Video.