Ces dernières années, le biopic est devenu l’un des genres les plus importants et les plus populaires du cinéma. De Freddie Mercury à Bruce Springsteen, ces portraits défilent régulièrement sur grand écran. Avec L’inconnu de la Grande Arche, actuellement en salles, un nouveau chapitre s’ajoute au genre. Et même si ce film s’intéresse à un visage moins connu, il mérite amplement le détour.
Un portrait intime
Je dois avouer que j’ai toujours trouvé la Grande Arche de la Défense l’un des bâtiments les plus laids de Paris. Mais nous le savons tous : l’art est subjectif. Et je suis heureuse de pouvoir dire que j’ai trouvé le film qui retrace l’histoire de l’architecte derrière cet arc monumental, absolument magnifique.
Dans L’inconnu de la Grande Arche, on découvre comment un architecte danois relativement méconnu, Johan Otto von Spreckelsen, remporte soudainement un concours international grâce à son projet de Grande Arche. Sa « cube » — comme Otto l’appelle presque affectueusement — est choisi par le président François Mitterrand pour être érigé dans l’axe reliant le Louvre à l’Arc de Triomphe. Mais ce qui devait devenir l’un des projets architecturaux les plus prestigieux et ambitieux de l’histoire parisienne se retrouve rapidement miné par les jeux de pouvoir de la politique française. Otto, cependant, refuse de céder et se battra bec et ongles pour défendre ses idéaux.
Cette production internationale a été écrite et réalisée par Stéphane Demoustier, lauréat d’un César — la plus haute distinction du cinéma français — pour son film La Fille au bracelet. Demoustier parvient à raconter avec brio l’histoire d’un homme parfois difficile à cerner, Von Spreckelsen, et à la transmettre avec sensibilité à son public. Il montre comment la politique cherche à entraver l’art, tandis que l’intégrité artistique, elle, tente toujours de triompher.
Les performances remarquables des acteurs ancrent fermement le film dans le réel. Claes Bang, l’acteur danois qui incarne l’architecte inconnu, oscille sans cesse entre obstination et idéalisme tout en gardant Otto profondément humain et attachant. Subilon, le conseiller pragmatique de Mitterrand, est interprété avec délice par le Canadien Xavier Dolan. Quant à Swann Arlaud, dans la peau du chef de projet Paul Andreu, il garde le récit solidement ancré au sol.
Le film est par ailleurs superbe dans sa simplicité. Il plonge le spectateur dans le Paris des années 80 et l’élégance de la ville éclate à chaque image. La mise en scène crée une atmosphère intime qui ne vous lâche plus.
"L’inconnu de la Grande Arche" est un portrait touchant et profondément humain d’un homme méconnu qui voulait rendre le monde plus beau à sa manière.
"L’inconnu de la Grande Arche" est à voir actuellement au cinéma.
Ecrit pas Margot Maris.