Festival de Cannes 2019 : Jours 7 & 8 - Chronique Cinema

    
Chronique
Festival de Cannes 2019 : Jours 7 & 8

Bon, la septième journée, mieux vaut ne pas trop en parler. Elle fut globalement consacrée à tenter de rentrer à l’une des séances de ONCE UPON A TIME … IN HOLLYWOOD, le nouveau film de Quentin Tarantino, le film le plus attendu du festival, tout simplement. En matinée, j’essaie de trouver une invitation pour la séance de gala, celle en présence de l’équipe. Echec. En début d’après-midi, sur le coup de 13h, je vais dans la file pour la première projo presse qui a lieu à … 16h30 ! C’est tôt, oui. Mais ça ne garanti pas une place dans la salle et pour cause, il y a la hiérarchie des badges.

A Cannes, la presse est répartie en cinq niveaux. Les blancs, les rose pastilles, les roses, les bleus et les jaunes. Le badge blanc, c’est le nec plus ultra. Les détenteurs de ce badge ont accès à tout, ils peuvent demander des invitations pour les séances de gala. Ce sont vraiment des grosses pointures de la critique mondiale. Les rose pastilles, ce sont les gros médias, les télés. En Belgique, c’est là qu’on retrouve La Libre Belgique, Le Soir, la RTBF,… Les autres sont roses, bleus et jaunes. Je suis jaune. C’est à dire que je rentre après tout le monde aux projections presse. Etre dans les premiers jaunes de la file ne veut donc rien dire puisque tous les autres passent devant. Après trois heures de file, échec pour la première projo presse, aucun jaune ne rentre.

Je tente ensuite la file pour la seconde projo presse, qui a lieu en même temps que la séance de gala. A nouveau, deux heures de files. Nouvel échec, aucun jaune ne rentrera. Journée maudite. Impossible de voir le film, impossible de travailler car, quand on voit de films ou on tente de les voir, on ne sait pas toujours travailler.

La journée sera sauvée grâce à la projection du nouveau film du génial BONG JOON-HO, le réalisateur de OKJA ou encore THE HOST. Il présente à Cannes, en compétition, PARASITE, un étrange film sur une famille pauvre qui va s’immiscer dans la vie d’une famille de riches. C’est une œuvre sur la lutte des classes, sur les relations familiales, une œuvre choc, dramatiques, violente mais aussi très drôle. Les un peu plus de deux heures de film passent très facilement. Il aurait pu durer trente minutes de plus que cela n’aurait pas été gênant. Bong Joon-ho est un sacré metteur en scène qui propose systématiquement des œuvres singulières qui marquent. C’est une œuvre complète qui a frappé les festivaliers, à un point tel que certains lui voient obtenir la récompense suprême, la Palme d’Or.

Après une courte nuit de sommeil, retour dans les files pour essayer d’accéder à la dernière projection du Tarantino. A nouveau, le temps est long. On peut compter deux nouvelles heures au compteur. Verdict ? Après Encore deux bonnes heures de file, on y est enfin !

Dire que le film était attendu est un euphémisme. On en parle depuis tellement longtemps que les attentes, envies, fantasmes, sont décuplés. ONCE UPON A TIME … IN HOLLYWOOD plonge les spectateurs dans le Los Angeles de l’été 1978 à 1979. Les protagonistes sont Rick Dalton, comédien de séries télé, Cliff Booth, sa doublure et la célèbre Sharon Tate. Tarantino va en perturber plus d’uns avec sa narration déstructurée. Il prend beaucoup de temps pour chaque scène, chaque arc et, parfois, les transitions sont un peu spéciales voire difficilement compréhensibles raison pour laquelle Tarantino pourrait repasser par la salle de montage avant la sortie en salles. D’un côté, on a donc les péripéties de Dalton, ses déboires, sa remise en question, ses films. A ses côtés, Cliff Booth lui sert d’homme à tout faire. Chauffeur, réparateur d’antenne, garde du corps. Chacun a ses péripéties, ses petites aventures. De l’autre côté, il y a Sharon Tate, jeune star en devenir, mariée à Roman Polanski. On peut difficilement en dire plus sans dévoiler des éléments clés de l’intrigue. Quoi qu’il en soit, on peut tout de même dire qu’il s’agit d’une ode à Hollywood, à ses grandes stars, au cinéma tout simplement. Il s’agit certainement de l’unes de ses œuvres qui touchent le plus Tarantino. L’alternance entre séquences intenses et scènes de dialogues qui prennent plus leur temps ainsi que les digressions et détours dans la narration donnent un rythme particulier et rendent le film inégal.

Autre film très attendu du festival, MATTHIAS ET MAXIME du chouchou Xavier Dolan. S’il parvient à toujours au cœur comme bien souvent, on a tendance à penser que Dolan ne prend plus de risques et se complait dans son petit confort. C’est dommage et triste de dire pareille chose d’un cinéaste pourtant si ambitieux et talentueux mais, MATTHIAS ET MAXIME n’est qu’une énième œuvre dans laquelle il use et abuse de ses gimmicks de metteur en scène. Ralentis, montage cut rapide, longues scènes sur fond de musique pop et bien d’autres encore, la palette d’effets de style est complète. Encore une fois, ça parle d’amitié, de famille, de sexualité, de la figure maternelle, de folie. Bref, c’est du Dolan pur jus. Dommage que ses effets ne fonctionnent plus comme avant.

Pour terminer cette journée bien plus productive que la précédente, place à WOUNDS, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, de Babak Anvari. Son premier film, le génial UNDER THE SHADOW, avait fait le tour des festivals de cinéma de genre (dont le BIFFF) et connu un joli succès. La nouvelle œuvre d’Anvari était donc attendue par de nombreuses personnes. WOUNDS sera disponible prochainement sur Netflix. En attendant, vous pouvez déjà savoir qu’il est question d’un bar, d’une bagarre, de relations bancales, de blessures (pas étonnant vu le titre), d’un téléphone et de mystères, le tout incarné par, entre autres, Armie Hammer et Dakota Johnson. Le résultat n’est pas aussi réussi qu’UNDER THE SHADOW mais il montre l’attrait d’Anvari pour le genre et aussi qu’il a de nombreuses idées à exploiter dans le futur. Bref, il y a du talent à suivre ici !

© Photo Shutterstock

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